Les semaines Drappier

Vous avez le projet de planter de beaux arbres ou des topiaires dans votre jardin.

Réservez-les  en avant-saison et plantez en novembre.

Nous vous ouvrons nos carrés de Pépinières  entre le 17 septembre et le 16 octobre.

Il est impératif de prendre rendez-vous avec nous afin que nous soyons disponibles pour vous guider et éclairer vos choix.

A bientôt.

Cahier des charges

Plantation De Gros Sujets : Cahier Des Charges

Pour planter un gros végétal transplanté en motte grillagée, nous conseillons de respecter les règles suivantes :

Creusement de la fosse de plantation :

Deux objectifs à atteindre :

- donner aux racines un substrat propice à leur installation et leur offrant volume d’exploration suffisant (12 m3).
- éviter absolument que les eaux pluviales ou d’arrosage puissent stagner dans la fosse creusée car les arbres « aiment la douche et détestent les bains » (de pied.. !)

Pour cela, on creuse une fosse généralement carrée dont le côté mesure :
- au strict minimum 1,5 fois le diamètre de la motte (pour 110 cm prévoir au minimum 165cm)
- habituellement , 2 fois le diamètre de la motte
- dans l’idéal : 2,5 fois le diamètre de la motte

En profondeur, la règle veut qu’on creuse jusqu’à trouver une couche de sol drainante : c’est absolument impératif.
Il est conseillé de le vérifier, quand c’est possible, en ouvrant la fosse à l’avance en y mettant de l’eau pour vérifier qu’elle ne stagne pas. Il ne faut pas hésiter à ajouter du sable de rivière à la terre du fond si elle parait un peu trop compacte.  Il vaut mieux constituer un mélange terre-pierre en fond de fosse que de reconstituer un sol compact avec une terre inadaptée.

Souvent le déroulement préalable des chantiers aboutit à la réalisation d’une plateforme tassée en profondeur, véritable barrière aux racines ainsi qu’aux mouvements souterrains de l’eau du terrain naturel (lotissements, parkings de supermarchés ou d’hôtels, parcs de loisirs, bâtiments publics, abords de maisons d’habitation…). Surtout quand les arbres plantés ont des racines pivotantes (Chênes…) creuser plusieurs trous profonds à la tarière leur permet d’atteindre la nappe, garante de leur alimentation en eau en cas de sécheresse superficielle. 
Quand il y a des réseaux (qu’il faudra protéger en respectant les accords avec les concessionnaires) il faut trouver les endroits à creuser (manuellement si nécessaire) pour atteindre le sol drainant.

Comblement de la fosse de plantation

 

On remplit ensuite la fosse avec de la terre agricole (en évitant les terres « à maïs »...) en vérifiant qu’il ne s’agit pas de terre argileuse ou détrempée. On peut compacter à l’eau, éventuellement avec le tranchant du godet si la terre est sèche, mais surtout jamais au godet posé à plat comme les conducteurs de pelles adorent faire....
Si on est contraint de planter « dans la foulée », on réalise un horizon plat à une profondeur égale à la hauteur de la motte moins 8-10%  (60-65cm pour une motte de 70cm de haut). 
Si on plante plusieurs semaines plus tard, ce qui est éminemment souhaitable, on remplit complètement la fosse sans la compacter avec un volume de bonne terre arable (voir plus haut)  légèrement supérieur au volume de la fosse et on laisse se tasser naturellement.

Plantation

Planter un arbre en motte ce n’est pas procéder à son enterrement( !) :

Le jour de la plantation , il est absolument impératif de réaliser à l’ouverture d’un trou suffisamment large (1,5 fois le diamètre de la motte) au fond plat, comme décrit plus haut (et non pas un petit trou de la dimension de la motte comme on le voit très souvent). Il faut en effet absolument avoir accès au « cul » de la motte pour pouvoir mettre de la bonne terre dessous…

Quand l’arbre sera stabilisé sur le fond plat du trou de plantation, on devra encore voir le collet de la plante (le grillage en l’occurrence) sinon, sauf s’il s’agit de saule, de peuplier..., il risque de produire une pauvre végétation pendant quelques années voire de mourir.

Planter un arbre en motte c’est donc le poser sur une surface plane et lecaler avec de la bonne terre par dessous ; tasser au pied ne sert à rien, on doit laisser le propre poids de la motte tasser « naturellement » la terre apportée dessous. Après deux ou trois calages judicieux, l’arbretient vertical tout seul, dans la position définitive souhaitée.
Inutile de mettre de la terre en urgence autour de la motte tant que ce résultat n’est pas obtenu : cela ne redressera pas l’arbre et rend impossible de poursuivre le calage avec de la terre par-dessous.
Il est déconseillé de retirer le grillage (le fer recuit se désagrège tout seul) et la toile de jute. Il suffit de vérifier qu’aucun fil de fer ne peut blesser le collet.

Il n’est donc absolument pas urgent de mettre la terre autour de la motte, si la fosse est protégée du public et s’il ne fait pas grand vent, cette opération peut attendre plusieurs jours. Nous conseillons de planter et caler tous les arbres, de revenir au premier planté et de corriger sa position en le recalant par-dessous, ainsi jusqu’au dernier… Si le chantier doit être terminé dans la journée, on attend le dernier moment pour mettre la terre autour de la motte.

Tuteurage

 

Avant de déposer (en excès et sans la tasser) la terre autour de la motte et seulement quand l’arbre tient enfin debout tout seul de manière durable, on peut procéder  au tuteurage aérien (ou au haubanagesouterrain par ancres et câbles). Si le cahier des charges l’impose, on pose un drain d’arrosage agricole autour de la motte.

Il faut rappeler que le haubanage par ancres souterraines et serrage à cliquet (Dugbil, Platipus,...) ne permet jamais de redresser un arbre mal calé... De plus, le haubanage aérien (poteaux, planchettes, sangles) ne sera même pas efficace en cas de grand vent si l’arbre n’a pas été bien calé avant d’être attaché aux tuteurs...

Quand la saison d’arrachage en pépinière est particulièrement humide, même les mottes d’arbres régulièrement transplantés ont tendance à se déformer dans le transport et lors de l’entreposage. Dans ce cas, il ne faut surtout pas précipiter le tuteurage et la « fermeture » de la fosse : laisser le temps à la motte de trouver un position stable avant de finir de mettre la terre.

Le cas échéant, on laisse la terre en excès autour de la motte se tasser naturellement et on réalise plus tard les cuvettes d’arrosage.

Enfin, quand la terre s’est refermée autour de la motte, il est interdit de tirer sur le tronc pour le redresser

Arrosage (Ah! il faut arroser ..?)

 

L’exploration du substrat nutritif qui entoure la motte et du sous sol capable d’apporter l’eau et les sels minéraux commence dès la fermeture de la fosse :
- Si la plantation a lieu à l’automne et si l’arbre bien calé ne bouge pas, des radicelles apparaissent déjà au printemps. 
- Si la plantation a lieu au printemps, pratiquement aucune radicelle n’apparaît quand les feuilles sont développées.
Dans les deux cas, le seul moyen d’abreuver et, éventuellement de nourrir la plante consiste à faire percoler l’eau et/ou d’apporter de l’engrais soluble par-dessus sa motte et non pas autour.
Cela veut dire que le drain agricole a une efficacité relative parce qu’une partie des apports se perd dans la fosse et n’atteint jamais l’intérieur de la motte. Il aboutit de plus à une localisation restreinte des racines aux environs du drain la première année.
Même en milieu urbain, la réalisation de cuvettes à la taille de la motte reste le meilleur moyen pour alimenter les racines et d’éviter à tout prix leur dessèchement (la Ville de Paris et d’autres agglomérations ont  montré l’exemple depuis longtemps)

Protéger les troncs

Le soleil de fin d’après-midi (SW à W) darde ses rayons de manière très incidente et agressive sur les troncs : à cette heure là, le houppier ne protège plus le tronc et la surface exposée est d’autant plus large que l’arbre est gros.
Si les conséquences ne sont pas toujours graves pour la vigueur ultérieure de l’arbre, ces brûlures provoquent à l’apparition de larges plaies sur les troncs, très inesthétiques et longues à cicatriser. 
Certaines essences « à la peau fine » sont plus exposées que les autres (aesculus, fagus, magnolia caducs, certains tilia surtout formés en rideau…)
On oublie souvent que la surface des troncs et des branches évaporent de l’eau dans l’atmosphère comme les feuilles, d’autant plus que l’air est sec. 
Quand l’arbre vient d’être transplanté, les feuilles plus petites qu’à la normale ont une surface d’échange à peine supérieure à celle de l’écorce et la protègent mal du soleil. 
Enfin, la sève circule derrière l’écorce dans des tubulures naturelles qui font office de « radiateurs » sur les arbres implantés depuis longtemps ; en effet les volumes de sève sont importants, en rapport avec l’activité biochimique intense des arbres bien implantés dans leur milieu. Ce n’est pas le cas pour les arbres fraichement plantés, même si l’arrosage est bien conduit.
Planter les arbres en les orientant « comme en pépinière » est astucieux, sauf que la plupart du temps les végétaux en pépinière sont protégés du soleil bas de l’après midi par leurs congénères… D’ailleurs, nous voyons quelquefois apparaître des brûlures dans les parcelles de production sur les troncs des arbres débarrassés d’un écran naturel lors de l’arrachage de leurs voisins.

Pour éviter les dégâts du soleil et des canicules, nous recommandons donc d’entourer les troncs de paillis spéciaux pour limiter les dégâts du soleil et l’évapotranspiration épidermique pour un an (ou mieux deux à trois ans). Nous rappelons qu’arroser suffisamment encourage la circulation de sève par la mise en place d’un système racinaire efficace dans la terre non compactée de la fosse et jusqu’au sous-sol si aucune barrière ne s’y oppose. Arroser c’est assurer la reprise mais aussi garantir l’avenir de l’écorce exposée au soleil quand la protection pailleuse ne sera plus là

Ayons toujours à l’esprit qu’un arbre est le fruit d’un travail laborieux , long et quelquefois aléatoire.
Le massacrer en plantant mal et sans arroser efficacement, par ignorance ou pour des raisons économiques, climatiques ou…règlementaires, c’est mépriser la nature, les hommes et les femmes qui l’ont élevé, ainsi que ceux qui pourraient en tirer bien-être et santé. C’est aussi gaspiller de l’argent, souvent public…

C’est enfin décourager les maître d’ouvrages de confier à la filière paysage le soin de livrer les cadres et les écrins de vie dont la Société humaine a de plus en plus besoin.